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Artisanat traditionnel: Un secteur porteur qui est très loin de tenir ses promesses à l’export

La 4ème édition de la semaine de l’artisanat qui se tiendra du 22 au 31 décembre a été l’occasion pour le ministre de tutelle de préciser comment il compte élaborer sa nouvelle stratégie. Malgré l’absence d’un véritable accompagnement, l’artisanat traditionnel qui a connu un chiffre d’affaires de 22 MMDH en 2016 a enregistré une augmentation historique de 33% sur les 11 premiers mois de 2017 par rapport à la même période de l’année précédente

Lors d’une présentation devant la presse, ce lundi 18 décembre, Mohamed Sajid, ministre  du Tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale, a annoncé qu’il lancera un nouveau plan d’action en 2018 pour développer le secteur de l’artisanat.

Ce n’est cependant qu’à l’issue d’une journée de discussion, en marge de la semaine de l’artisanat, avec les professionnels du secteur qu’il sera en mesure de dévoiler son contenu et sa durée qui sera soit quinquennale soit décennale. Cette stratégie devrait succéder à celle de l’ancien ministre Adil Douiri qui s’était étalée entre 2005 et 2015.

Après avoir actualisé le recensement opéré par son lointain prédécesseur, Sajid compte développer le bassin d’emploi manuel qui s’établit actuellement à 2,5 millions de personnes.

Selon lui, ce secteur qui englobe l’artisanat de service (plombier, électricien …) et l’artisanat traditionnel (à fort contenu culturel) a dégagé en 2016 un CA total de 80 MMDH (58 MMDH et 22 MMDH) soit une contribution de 7% du PIB marocain.

C’est dans la branche « sous-exploitée » de l’artisanat traditionnel que les opportunités de développement devraient, selon le ministre, être les plus importantes avec notamment une promotion plus agressive à l’étranger.

Dans le cadre de la future stratégie, le ministre  compte mettre en place des mécanismes de financement pour les petits artisans et concrétiser le programme de couverture sociale (soins médicaux et retraite) pour les artisans qui font partie des professionnels indépendants.

Hormis son ambition de développer le CA, le nombre d’emplois et le volume des exportations, Sajid a annoncé la mise en place d’un observatoire de l’artisanat traditionnel qui permettra d’évaluer les performances de ce secteur qui pourrait s’avérer plus lucratif pour l’économie marocaine.

A l’image du tourisme qui n’a pas été une véritable priorité du gouvernement précédent, l’artisanat traditionnel a pourtant fait preuve de résilience et a même enregistré un pic en termes d’exportation pendant l’année 2017.

Elles sont passées de 466 MDH pour les 11 premiers mois de l’année 2016 à 622,5 MDH pour la même période de 2017, soit une augmentation de 33,5%. Ce chiffre était en 2005, selon les statistiques officielles de ce département, de 700 MDH en 2005!! C’est dire que le secteur a stagné, si jamais il s’agit du même périmètre, ce que nous n’avons pu vérifier.

Selon la stratégie 2005-2015, les exportations d’artisanat devaient atteindre 7 MMDH en 2015. Or, en 2017, elles seront dix fois moins élevées!!

Par ordre décroissant, ce sont les vêtements traditionnels (+94%), les articles chaussants (+82%), la dinanderie (+63%), les tapis (+34%) qui ont vu leur volume s’envoler. Seuls les articles de bijouterie ont enregistré une baisse sensible de 28%.

Les principaux marchés d’accueil de ces produits marocains sont l’Europe ( 34% avec en ordre décroissant l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne, la France …), les pays arabes (30%), les USA (23%), l’Australie (3%), les pays africains (2%), le Canada (1%).

Les villes marocaines qui exportent le plus sont Casablanca (281 MDH soit 45%), Marrakech (170 MDH soit 27%), Nador (94 MDH, 15%), Rabat (30 MDH, 5%) et Tanger (22 MDH, 4%).

Sachant qu’il y a moins de 50 grandes entreprises d’artisanat au Maroc, la vraie priorité du nouveau ministre devrait porter sur la migration des petits artisans individuels vers des entreprises  permettant d’engranger davantage de bénéfices et de multiplier les emplois.

L’exemple de Louis Vuitton pour les articles en cuir ou Boucheron pour les bijoux sont des bons exemples de mono-artisan qui ont migré vers des modèles industriels extrêmement lucratifs pour l’économie française.

Après avoir mesuré les accomplissements, il importe de les accompagner et de les moderniser afin de leur offrir les moyens de développer ce secteur qui est largement sous-exploité alors qu’il fait vivre pluieurs millions de marocains et qu’il pourrait participer plus activement au PIB national.

Ci-après, les tableaux détaillés des exportations cumulées de janvier à novembre et du seul mois de novembre 2017:

 

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